[18] Picasso, however, refused to look at the original while he was working on the variations in his Paris studio, claiming—perhaps disingenuously given Gilot’s recollection cited earlier—that he had not seen the Delacroix for years. Cela donne aux personnages féminins la possibilité de « s’auto-disséquer », de mieux comprendre et maîtriser leur passé, mais aussi leur vie en général. [42] The use of Picasso by the writers discussed in this essay may be read in a similar fashion: as part of a process of reshaping the past to make sense of the present—as well as of the past itself. […] Deux ans après cette intuition d’artiste, est apparue la lignée des porteuses de bombes, à la bataille d’Alger. But in Delacroix’s two canvases and Picasso’s fifteen, the two artists’ Algerian women differ in more than the pictorial styles of their representation: each artist endows his female subjects with a profoundly different affect. The conflict was rarely off the front pages during and immediately before the months in which he was working on his series, and the reports of bombings, shootings, “terrorist attacks,” and enumeration of those killed and wounded in Algeria, as well as in Tunisia, Morocco, Libya and Egypt, were a constant refrain. Synthèse d'orientalisme et de romantisme, ce tableau exprime une profonde « mélancolie » pour le poète et critique d'art Baudelaire. Les différentes nouvelles sont comme les différents points d’accroche du tableau, sauf que Djebar donne aux femmes lascivement appuyées sur les … Elle se demande « quel choc, ou tout au moins quel vague trouble a saisi le peintre[25]  » lors de son travail. Nous reprenons ici les mots de Murielle Gagnebin (op. [16] Penrose even refers to her (apparently without irony) as “the perfect beautiful slave.”[17] Picasso’s engagement with Delacroix is conducted, in colonialist fashion, as a campaign to re-envision the master in his own image: he restages Delacroix’s seraglio as his own personal harem of female forms, with Jacqueline as its new queen. Comment réécrire, en langue française et sans le trahir, un monde de femmes dont les représentations … Assia Djebar, « Postface », op. Ali s’apprête à opérer son épouse Sarah. » De son côté, le critique Paul de Saint-Victor ne peut s’empêcher de ressentir la « mélancolie inexprimable » qui « s’exhale de cette chambre splendide et funèbre[20]  », du harem où se détendent les Femmes d’Alger. cit., p. 733). femmes d Alger dans leur appartement by Assia Djebar is a collection ofnovels winch maintains a verbal rapport with art since it lends its tille to two paiutings: one byDelacroix andone Picasso ; it inspires an elaborate narrative glance that [28] Picasso’s haunting portrait of Djamila Boupacha, who was eventually amnestied when the war ended, invokes the power of an icon, her individualized features in contrast to his paintings’ faceless women making one “femme d’Alger” stand for them all. Femmes d’Alger dans leur appartement d’Assia Djebar est un recueil de nouvelles qui entretient un rapport dialogique avec la peinture puisqu’il emprunte son titre aux tableaux de Delacroix et de Picasso et qu’il s’en inspire pour élaborer un parcours narratif racontant l’histoire des femmes d’Alger. Language: French ], De la palette à l’écritoire, vol. Mais bien que Delacroix soit en quête de sa propre réalité métaphysique à travers une approche onirique de la peinture, il ne réussit dans son travail qu’à trouver des bribes de cette même réalité qu’il définit comme une « région qu’il n’atteindra jamais[16]  ». La troisième partie de la nouvelle rassemble Sarah, Anne et d’autres amies dans un hammam lors d’un moment de détente et de conversation qui est bouleversé par la chute sur une dalle de la porteuse d’eau Fatma. Qu’en est-il, dans ce contexte, de Femmes d’Alger ? 1, The Prodigy 1881-1906, The Colonial Unconscious: Race and Culture in Interwar France, Other Criteria: Confrontations with Twentieth-Century Art, Visiting Picasso: The Notebooks and Letters of Roland Penrose, The Liberation of Painting: Modernism and Anarchism in Avant-Guerre Paris, The French Communist Party, A Critical History (1920-1984): from Comintern to “the colors of France”, L’Art et L’Algérie Insurgée: Les Traces de L’Épreuve 1954-1962, Our Fighting Sisters: Nation, Memory and Gender in Algeria, The Eloquence of Silence: Algerian Women in Question, Algeria Cuts: Women and Representation, 1830 to the Present, Orientalism’s Interlocutors: Painting, Architecture, Photography, InfoSoir: Quotidien Nationale d’Information, A Gallery of Modern Art at Washington University in St. Louis, Marxism and the Interpretation of Culture, Skip other details (including permanent urls, DOI, citation information), http://hdl.handle.net/2027/spo.0642292.0043.009, https://www.marxists.org/history/france/algerian-war/1960/manifesto-121.htm, http://www.slateafrique.com/98585/picasso-vs-delacroix-guerre-algerie-résistance-algérie-française-art, http://www.algeria.com/forums/algerian-cities-villes-alg%E9riennes/23248-exposition-%ABles-artistes-internationaux-et-la-r%E9volution-alg%E9rienne%BB.html, http://www.djazairess.com/fr/infosoir/145750. Celle-ci agit progressivement sur le silence de la même manière qu’agit le pinceau de Picasso sur la femme d’Alger de Delacroix : elles attaquent les formes du silence. It demonstrates how, in the postcolonial world, narratives of resistance may legitimate themselves by reinvesting the expressive forms of the formerly dominant culture. Charles Baudelaire et Théophile Gautier, Correspondances esthétiques sur Delacroix, Paris, Éditions Oblia, coll. Lorsque Fatma circule dans Alger, ses pores s’ouvrent et laissent s’échapper tous ces mots. Ce projet entraîne, de ce fait, l’exercice et le déploiement de procédés d’écriture particuliers, à la croisée du texte et de l’image. Lors de notre analyse, nous avons étudié la manière dont Djebar a médiatisé les codes picturaux de Delacroix et de Picasso dans la première nouvelle de cette oeuvre. De façon similaire ici, le personnage féminin que Delacroix cherche à comprendre, donc, à découvrir réellement à travers le filtre de ses propres rêves, conserve jalousement une part de mystère. non, pas noirs… La peau semble transparente, une perle de sueur sur une tempe… La goutte va tomber. The short-story … cit., p. 172. Il se laisse distraire par ces bagatelles. Les passages cités précédemment sont extraits de la p. 106. Née à Cherchell en 1936, Assia Djebar est universitaire, cinéaste et romancière (La Soif, 1957, Les Alouettes naïves, 1967 , Femmes d'Alger dans leur appartement, 2002). “His eyes narrowed and he said: “That bastard. Djebar écrit encore dans la « Postface » : Enfin les héroïnes […] y sont totalement nues, comme si Picasso retrouvait la vérité du langage usuel qui, en arabe, désigne les « dévoilées » comme des « dénudées ». C’est au Maroc, en mai 1832, que Delacroix rencontre pour la première fois la femme arabe. Sarah vole aussitôt à son secours. Eugène Delacroix, Journal d’Eugène Delacroix, éd. Djebar notes that, in Arabic, the “unveiled” denotes the “denuded” woman. Elles l’agressent et lui arrachent ce qu’il cache, à savoir l’identité une et multiple des femmes d’Alger. Le peintre accorde tellement d’importance aux dimensions physique et décorative de la femme ainsi qu’à son lieu d’habitation, le harem, qu’il relègue à l’arrière-plan tout ce qui constitue son aspect invisible, à savoir son identité profonde. André Joubin, 5 vol., Paris, Plon, 1936-1938. She argues that Picasso “introjects” and thus critiques the eroticism of Delacroix’s and after him, Matisse’s odalisques. All accessed November, 2013. In an irony that captures the shifting relationship between art and politics in the modern period, Picasso the conqueror is recast as the voice of the oppressed—and oppressed women, at that. Assia Djebar, Femmes d’Alger dans leur appartement, op. » Dans cette perspective, ce sera donc la nouvelle « Femmes d’Alger » qui nous renseignera sur le rapport que Djebar entretient avec les Femmes d’Alger de Delacroix, en nous informant « avec son propre mode de langage, ses propres outils, sa propre forme[8] […] ». Leighten argues for Picasso as an anti-colonial sympathist in “Colonialism” (1998), especially 89-91, and develops the theme elsewhere, most recently in The Liberation of Painting: Modernism and Anarchism in Avant-Guerre Paris (Chicago: University of Chicago Press, 2013). Aussi l’auteure veut-elle donner à voir par l’écriture ce qui serait, à son sens, resté invisible dans les tableaux. Il écrit que « dans le visuel se composent une logique de l’inconscient, une logique du rêve, une logique de l’hallucination » (dans Gisèle Mathieu-Castellani [dir. Gayatri Chakravorty Spivak, “Can the Subaltern Speak?” (1983), in C. Nelson and L. Grossberg, eds. Assia Djebar, Femmes d’Alger dans leur appartement, 1980, p.148) Comparable aux deux toiles de Delacroix, le livre d’Assia Djebar comporte deux parties intitulées «Aujourd’hui» et «Hier» qui représentent les deux époques de l’évolution de la femme algérienne concernant son rôle dans une société … The Algerian War of Independence, an eight-year war of decolonization between France and its colonial subjects in Algeria, began on November 1st, 1954. cit., p. 162-163. Cette ligne du nez, la lèvre inférieure à l’ourlet rose vif : je connais, je reconnais[44]  ! Tous ces éléments figurent dans la troisième partie de la nouvelle « Femmes d’Alger » et nous autorisent ainsi à établir d’autres rapprochements entre le tableau qui ressort de la nouvelle et celui de Picasso. His concern is not with a romantic vision of an imaginary Orient but with the paintings themselves, which he treats as repositories of forms, and approaches to problems of representation, spatial manipulation, and compositional strategy. (Lille, 1979), quoted in John Richardson, A Life of Picasso, Vol. [7] Leighten’s argument—that an insistence on their Otherness is crucial to Picasso’s valorization of the women of Demoiselles—intersects with Ezra’s in its recognition of the ambivalence at the heart of the colonial unconscious. Djebar, Bouyaed, and others who have taken up their theme are reclaiming their imagery as Algerian women from the long history of sexist Orientalist representation. [41] She analyzes the ways in which individuals have interacted with and memorialized the past, appropriating it in order to construct meaningful narratives for their own experience. Femmes d’Alger dans leur appartement est tout d’abord un tableau célèbre de Delacroix. Patricia Leighten, “Colonialism, l’art nègre, and Les Demoiselles d’Avignon,” in Christopher Green, ed., Picasso’s Les Demoiselles d’Avignon (Cambridge: Cambridge University Press: 1998), 77-103. André Joubin, vol. [9] The nudity, sexual emphasis, and sense of movement in the distorted forms make Picasso’s canvases vibrate with erotic energy, demanding a more active type of viewer engagement than do their sources in Delacroix, Ingres or Matisse. Assia Djebar la cite également de mémoire dans la « Postface » de son recueil (Femmes d’Alger dans leur appartement, Paris, Éditions des femmes, 1995, p. 147). cit., p. 172. The loss of Matisse affected Picasso profoundly; the older man was the only living painter whom Picasso had considered a rival, and both valued their mutual understanding of the same artists and the same principles. Les sens déforment, l’esprit forme. In particular, the architectural historian Zeynep Çelik argues, citing the work of Pierre Nora on memory and cultural geography, that Delacroix’s painting constitutes a “lieu de mémoire” (memory space): a repository that is capable of being “recharged with new meanings” in order to serve a new purpose. But in this particular narrative of appropriation and reappropriation of cultural artefacts, it is the women who have the final word. “Picasso bouleverse la vision de Delacroix;” “le lien speculaire d’avec le regard occidentale,” Bouayed, 26. 3, Paris, Plon, 1932 [1822-1863], p. 232. Penrose, Journal (16 February 1955), quoted in Cowling, Visiting Picasso, 104. Ainsi, dans la nouvelle éponyme du recueil, Djebar met d’abord en scène la quête de connaissance du peintre pour donner ensuite accès à des vérités de la femme algérienne simplement suggérées par la toile : Je ne vois que […] chercher à restituer la conversation entre femmes, celle-là même que Delacroix gelait sur le tableau[28]. Georges Braque, « Pensées et réflexions sur la peinture », Nord-Sud, décembre 1917. Il est également original, car il s’inscrit dans une double visée : esthétique et libératrice. Explosent tous les corps […] … Se déchiquètent les chairs […]. […] la peinture doit faire abstraction des aspects. Un article de la revue Cette notion est aussi développée dans le texte de Murielle Gagnebin, op. [12] His friend, British artist Roland Penrose, wrote that Picasso “thinks a lot about Matisse, especially since his death,” and Picasso told him “Matisse has left me his Odalisques as a legacy.”[13] He confessed to his dealer Daniel-Henry Kahnweiler that his Algerian women showed “the heritage of Matisse,” adding “why shouldn’t one inherit from one’s friends?”[14] Almost certainly, Picasso was compensating for Matisse’s loss: Matisse’s “legacy” is evident, his color and the bodies of his Orientalized women appropriated to Picasso’s conquest of Delacroix.[15].